Mardi 23 août, 2005

Une aumône de trois timbres seulement

Le cas d’Amadou et de sa soixantaine d’élèves nous a amené à réfléchir à un nouveau projet dédié à l’équipement de ce daara.
Grâce aux fonds en notre possession, nous avons pu déjà résoudre le problème de l’abri en zinc et du tableau, pour un montant de 75 euros. Il reste à fournir les tablettes de mémorisation ainsi que neuf autres exemplaires du Coran, sachant qu’une tablette coûte 1000 f CFA et un exemplaire du Qoran 5000 f CFA. Autrement dit, pour trois timbres, on offre une tablette à un talibé et la possibilité d’apprendre le Coran.

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Mardi 23 août, 2005

La caisse de micro-financements

Face à des maris démunis, parfois démissionnaires, parfois décédés, nombreuses sont les femmes qui comme Aida ou Khady sont obligées de prendre en main les dépenses du foyer et donc de travailler. Chacune en fonction de ses aptitudes : tenir un petit étal de produits maraîchers ou halieutiques qu’elles tiennent devant la maison ou au marché, tisser patiemment des pagnes, faire de la couture, tresser les voisines, vendre des tartines et du café au lait aux enfants, etc.

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Mardi 23 août, 2005

A la rencontre de Khady

Khady est la voisine d’Aida, tous les matins, elle est là avec son petit étal, proposant des cacahuètes ou des fruits du pays aux ménagères qui rechignent à aller au marché et ont juste besoin de se dépanner.

Khady est veuve. Son mari est mort il y a deux ans, la laissant avec cinq enfants. La vie n’avait jamais été facile, mais le décès du chef de famille a rendu la situation critique. Khady venait d’avoir son cinquième enfant ; mariée jeune, elle n’a jamais étudiée, jamais appris de métier. Il lui fallait cependant apprendre à se prendre en main, et c’est ce qu’elle a fait.

Avec l’argent reçu pendant les funérailles, elle a réglé les dettes du foyer, réservé une partie pour subvenir aux les dépenses quotidiennes dans les premiers temps et souscrit à une tontine. Elle a fait un premier versement de 5 000 f CFA, attendant son tour. Au bout de dix mois, c’était à elle de recevoir l’ensemble des cotisations 50 000 f CFA. Avec la moitié de cette somme elle a fait dresser une table chez elle, puis elle a acheté quelques bassines de cacahuètes et mangues.

Depuis, les choses vont mieux. Elle n’est pas devenue riche, loin de là. Mais le soir quand elle rentre, elle peut contempler, noué dans un pan de son pagne, son bénéfice de la journée : 1 000 f CFA en moyenne. Ce modeste bénéfice, elle le remettra à sa fille aînée Daba le lendemain matin pour qu’elle puisse faire les courses au marché. Ce n’est pas beaucoup, mais au moins son soutoura, sa dignité et celle de sa famille, sera préservée.

Si elle était plus riche, elle financerait la scolarité de Boubacar, son garçon si doué en français, dans une école privée. Ce serait dommage qu’il gâche ses capacités sur les bancs de l’école publique, surpeuplée et inefficace, où seuls ceux qui ont des relations s’en sortent. Plus terre à terre, il ne faut pas oublier Nabou qui a besoin de nouvelles sandales… Et la tontine qui approche ! Khady a souscrit à une autre tontine, car elle veut agrandir son commerce. Et pourquoi pas faire un voyage en Gambie et en rapporter ces produits cosmétiques que tout le monde aime tant. Mais cela prendra du temps


Vendredi 19 août, 2005

Aida, maman dans l’épreuve

Le quotidien d’Aida

Il est 8 heures. Aida prépare le petit déjeuner pour sa maisonnée qui peu à peu, vient la rejoindre autour du plateau quotidien. Les « miches de pain », le pot de gloria, l’eau chaude, le beurre. Les petites mains et les moins petites qui s’activent. Comme toujours Aida veille à ce que le premier repas de la journée se passe bien. Mais elle est déjà préoccupée par le prochain repas, que lui répondra Bakary son mari lorsqu’elle lui demandera la dépense ?

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Vendredi 19 août, 2005

Une collecte de vêtements et chaussures

Modes, tendances, publicité, soldes et autres promotions remplissent nos armoires de vêtements. Pour enrayer les effets de cette frénésie de consommation, il nous est possible de donner une seconde vie aux vêtements dont nous ne nous servons plus en les envoyant à nos soeurs et frères sénégalais démunis.

« Ô enfants d’Adam ! Nous avons fait descendre sur vous un vêtement pour cacher vos nudités, ainsi que des parures. - Mais le vêtement de la piété voilà qui est meilleur. - C’est un des signes (de la puissance) de Dieu. Afin qu’ils se rappellent. »
Sourate Al Araf, verset 26

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