19 August, 2005

Aida, maman dans l’épreuve

Le quotidien d’Aida

Il est 8 heures. Aida prépare le petit déjeuner pour sa maisonnée qui peu à peu, vient la rejoindre autour du plateau quotidien. Les « miches de pain », le pot de gloria, l’eau chaude, le beurre. Les petites mains et les moins petites qui s’activent. Comme toujours Aida veille à ce que le premier repas de la journée se passe bien. Mais elle est déjà préoccupée par le prochain repas, que lui répondra Bakary son mari lorsqu’elle lui demandera la dépense ?

Les temps sont durs, Bakary n’a pas d’emploi fixe. Il lui glisse parfois un billet de 500 ou 1000 francs CFA, mais ces temps-ci, les billets se font encore plus rares. Ce n’est pas de la mauvaise volonté, elle le sait… elle réprime l’agacement qui monte en elle. Il ne peut donner que ce qu’il a, c’est entendu. Mais elle, comment va-t-elle faire ?

C’est elle la maîtresse la maison, la mère attentive au bien-être de ses sept enfants, de la vieille grande tante qui vit dans leur foyer. Lui passe la journée au dehors à chercher un peu de travail ou glaner quelque argent auprès d’un homme généreux. Si c’est un bon jour pour lui, il se fera inviter à manger chez l’un de ces notables dont il est le client.

Trouver de l’argent

Mais elle, elle ne peut éluder la grave question du repas, elle a trop de pudeur pour encore emprunter chez la voisine. La boutique ne lui fera pas crédit aujourd’hui. Aida se dit que si au moins elle pouvait travailler, elle pourrait s’en sortir. Beaucoup de ses amies le font. Oh ! rien de spectaculaire, juste vendre des petits déjeuners aux enfants du quartier. Mais pour cela il faudrait un capital. 25 000 francs CFA, ce serait un joli début. Puis elle secoue la tête. 25 000 francs, où trouver cette somme faramineuse, elle qui peine à emprunter 1000 francs CFA dans le voisinage ? Sa famille est encore plus pauvre qu’elle. En faisant une tontine peut-être.

Aida rêvasse, mais elle aperçoit la silhouette de Bakary qui se dirige vers la porte. Doucement elle s’approche. La dépense ? Essaie d’emprunter pour aujourd’hui, je n’ai vraiment rien ce matin. Devant son air consterné, il lui donne 400 frans CFA qu’il avait dans la poche. C’est tout ce qui lui reste, il ne peut pas sortir les mains vides. Aida doit essayer d’emprunter pour le reste. Dans sa tête, Aida ne répond pas. Dans sa tête, elle échafaude déjà les plans, elle rassemble tout son talent diplomatique, car elle en aura bien besoin pour obtenir un prêt.

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